Libye : une opération antidrogue à grande échelle cible les migrants

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Fin juillet, l'Institut de statistique de Rosstat, qui a une définition plus large des décès dus au Covid-19, a fait état de plus de 350 000 décès.

Tout au long de vendredi, les autorités libyennes ont mené une opération « anti-drogue » de grande envergure dans une banlieue pauvre de la capitale, Tripoli, en ciblant principalement les migrants en situation irrégulière, a-t-on appris samedi de sources confirmées.

Et le procureur de la République a annoncé, dans un communiqué vendredi soir, avoir chargé les services de sécurité de « rechercher les lieux de résidence servant à organiser des opérations d’immigration clandestine et d’arrêter les personnes impliquées dans le trafic de stupéfiants, de substances psychotropes, d’alcool et d’armes à feu ».

Il a souligné que cette opération « a entraîné l’arrestation de nombreux auteurs et le transfert de centaines d’immigrants illégaux » vers des centres de détention. Les maisons dans lesquelles vivaient les migrants ont été rasées à l’aide de bulldozers.

Le chef du gouvernement de transition libyen, Abdel Hamid Dabaiba, a salué sur Twitter les « héros du ministère de l’Intérieur » qui ont mené cette « opération planifiée pour éliminer les repaires de trafiquants de drogue ».

« Nous ne permettrons pas qu’une autre guerre soit menée contre notre jeunesse, qui est la guerre contre la drogue », a-t-il déclaré.

Un témoin a déclaré samedi à l’AFP que le quartier où avait eu lieu le raid avait été bouclé vendredi et que les habitants avaient reçu l’ordre de ne pas sortir de chez eux. Il a expliqué que les forces de sécurité ciblaient principalement les étrangers qui résidaient illégalement en Libye.

Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent des dizaines de personnes entassées sous l’apparence des forces de sécurité peu de temps après leur arrestation.

Dans un communiqué, le directeur du Conseil norvégien pour les réfugiés en Libye, Dax Roque, a dénoncé l’arrestation d' »au moins 500 migrants, dont des femmes et des enfants, suivies » d’arrestations arbitraires.

Il a poursuivi : « Les migrants et les réfugiés en Libye, en particulier ceux sans résidence légale, sont souvent soumis à la menace d’une détention arbitraire.

« Nous pensons que cette dernière vague d’arrestations s’inscrit dans une campagne plus large lancée par les autorités libyennes » à leur encontre, a-t-il ajouté.

La Libye a plongé dans le chaos depuis la révolution de 2011. Des dizaines de milliers de migrants, pour la plupart originaires d’Afrique subsaharienne pour tenter de traverser la Méditerranée, sont devenus la proie des trafiquants.

Les candidats contestés sont exilés dans des centres de détention dans des conditions régulièrement critiquées par les ONG et les agences onusiennes.

La situation sécuritaire dans le pays reste instable malgré les progrès politiques enregistrés ces derniers mois.