L’UGTT : une nouvelle épreuve

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L'UGTT

L’UGTT

Porteur d’espoir pour les uns, grand frein pour les autres, il se retrouve une fois de plus dans son histoire, en pleine action, naviguant à contre-courant.

En effet, l’Union générale tunisienne du travail refuse de participer à un dialogue national qu’elle qualifie de fictif, et conteste ainsi la volonté du président Kais Saied, qui voulait impliquer les organisations nationales dans sa démarche unilatérale pour pallier l’absence de forces politiques représentatives. . La question qui continue d’intéresser les observateurs est de savoir où ce phénomène historique détient tant de pouvoir pour répondre toujours présent dans les temps les plus agités et jouer un rôle décisif dans les tournants historiques du pays.

Ce dinosaure, qui appartient à une époque révolue des grands mouvements ouvriers, a survécu à toutes les épreuves auxquelles il a été confronté tout au long de sa carrière, occupant ses installations, emprisonnant ses dirigeants et lui imposant des directives fantoches.

Mais tous ces moyens utilisés par les forces qui se sont succédé après l’indépendance ne pouvaient ni miner leur existence ni diminuer leur puissance. Ce qui est encore plus surprenant, c’est que ses pairs du monde entier, qui sentaient leur faiblesse en termes de mobilisation et d’action sur le terrain, se sont rabattus sur le travail de pression, tout en conservant les mêmes capacités de mobilisation et traditions de militantisme.

C’est pourquoi les partisans de Qais Saïd et de ses alliés, constatant que rien ne se passerait sans son consentement, ont solennellement exigé qu’il retire ses griffes et l’oblige à obéir par tous les moyens.

Certes, la lutte s’annonce rude de part et d’autre, mais l’UGTT a un petit avantage. Grâce à son expérience antérieure, il a acquis l’art de gérer des combats de longue haleine et le savoir-faire de mener des luttes clandestines dans de telles situations. L’autorité risque alors de répéter les erreurs de ses prédécesseurs en ’78 et ’85.

De quoi renforcer l’unité des syndicalistes et provoquer un sentiment de peur dans une classe moyenne qui se sent de plus en plus menacée et qui considère l’UGTT comme son dernier mur et n’a d’autre choix que de s’y tenir.