Migration clandestine : la misère ou la mort !

0
250
Migration clandestine

Qu’est-ce qui pousse un citoyen d’un pays à vendre tout ce qu’il possède pour sauter dans un bateau secret et fuir vers un autre continent au risque d’y perdre la vie ? Qu’est-ce qui pousse les parents à jeter leurs enfants à la mer, les condamnant à une mort quasi certaine ? Qu’est-ce qui pousse les personnes « ordinaires » aux statuts professionnels « stables » à décider de tout abandonner pour le quitter ? En particulier, comment une personne sensée peut-elle penser à la migration clandestine après avoir vu de ses propres yeux les tragédies que cela provoque et les cadavres en décomposition éparpillés sur les plages ? Comment et pourquoi ? La Tunisie n’est pourtant pas un pays en guerre…

Deux drames humains ont récemment secoué la Tunisie. Le naufrage de deux bateaux illégaux a tué des dizaines de migrants. Certains corps ont été retrouvés, d’autres sont toujours portés disparus. À Zarzis et Monastir, les familles des victimes ont été dévastées, les mères pleurant leurs enfants et d’autres espérant leur rendre les restes de leur progéniture. Les corps sont dans un tel état de décomposition qu’il est impossible de les identifier sans preuves et sans test ADN, ils sont lavés sur les plages ou retrouvés par des gardes marins ou des pêcheurs.

L’immigration clandestine n’a plus de profil, ni sexe ni âge. Ce sont des adolescents, des hommes, des femmes et des enfants qui se jettent à la mer. Tous ne sont pas au chômage, certains souffrent d’un « statut » et leurs gestes ont laissé leur entourage dans une totale incompréhension. Il n’est plus rare d’entendre parler de la perte d’une famille entière en mer, c’est malheureusement devenu un phénomène courant.

L’immigration clandestine en chiffres

15 430 migrants tunisiens, selon le ministère italien de l’Intérieur, ont atteint les côtes italiennes en 2022.

De janvier à septembre, la Tunisie a dénombré 507 morts et disparus selon le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES).

Toujours selon le FTDES, 23 517 immigrés ont été interceptés. 2 424 mineurs (316 en 2019) et 525 femmes (moins de cinquante en 2019) sont arrivés en Italie, entre janvier et septembre 2022.

L’Etat cherche toujours des « raisons »

Le président de la République, Kais Saied, a ordonné d’approfondir les enquêtes sur le naufrage du bateau à Zarzis et d’autres accidents qui ont coûté la vie à de nombreux migrants. Il a cité des preuves cohérentes de l’implication de « parties bien définies » dans la traite des êtres humains.

Le chef de l’Etat a souligné la nécessité de poursuivre toute personne impliquée dans ces drames en coopération avec le ministère public afin d’éviter l’impunité.

Le chef de l’Etat, ne s’exprimant que tardivement sur le cas de Zarzis, a déclaré que « le devoir exige une étude des raisons qui ont amené même des enfants à songer à se jeter dans des barques, qui désormais sont connues, sous le nom de mort ». bateaux. »

Il a souligné que la fin de ces tragédies ne peut se faire que dans le cadre d’une approche globale aux niveaux national et international.

Les déclarations de Qais Said ont suscité une vague d’indignation. D’abord parce qu’ils sont en retard et ensuite parce qu’ils sont incohérents. Le Président de la République, qui devrait être la voix de l’apaisement et porteur d’espoir et de solutions, s’interroge encore alors que le phénomène s’amplifie depuis des années, qui aurait pu en être la cause… Les citoyens s’étonnent et les politiques s’en sortent Convaincre qui que ce soit et surtout ne plus empêcher personne de progresser.

misère généralisée

La Tunisie est un pays en crise, ou plutôt en crise. Sans entrer dans les méandres de l’analyse économique, il est aisé de comprendre l’impact de la crise sur le portefeuille des citoyens grâce au chiffre lié au taux d’inflation.

L’indice des prix à la consommation des ménages en Tunisie a atteint un nouveau record, inégalé depuis quarante ans. En 1984, la Tunisie avait atteint une moyenne annuelle de 8,9%, selon les données citées par la Banque mondiale.

L’inflation est montée à 9,1% en septembre 2022, après 8,6% en août, 8,2% en juillet 2022, 8,1% en juin 2022, 7,8% en mai 2022 alors qu’elle n’était que de 6,7% en janvier.

La raison de cette hausse est principalement due à l’accélération de la hausse des prix des produits alimentaires de 13% contre 11,9% en août, et des prix du groupe « logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles » à 6,4% . Comparativement à 6,2 % en août, ainsi que les prix des biens et services de transport à 8,3 %, comparativement à 8,1 % en août.