Un référendum à l’image de Kaïs Saïed

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l’image de Kaïs Saïed

l’image de Kaïs Saïed

A trois mois du référendum prévu le 25 juillet, et des élections législatives attendues en décembre, les deux autorités chargées d’organiser le déroulement du scrutin et la campagne électorale ne savent plus sur quel pied danser.

Parlement, Conseil supérieur de la magistrature, Cour constitutionnelle, Collège électoral… Plusieurs instances manquent aujourd’hui alors que le pays fait face à l’une de ses crises politiques les plus inquiétantes.

Nous sommes le 9 mai 2020. La semaine dernière devait être le début de la campagne préliminaire pour le référendum du 25 juillet. Le 3 mai pour être exact. Il n’y a encore rien.

La loi organique n° 2014-16 du 26 mai 2014 relative aux élections et aux référendums, modifiée et complétée par la loi organique n° 2019-76 du 30 août 2019 précise en son article 50 que : Le référendum commence 22 jours avant la date du scrutin. Elle est précédée d’une campagne pré-électorale ou d’une phase de campagne pré-référendaire et s’étend sur une période de deux mois.

Selon ladite loi, c’est l’ISIE qui fixe les règles et procédures d’organisation de la campagne et veille ainsi au respect de ses règles.

Seulement voilà, à quelques semaines du scrutin, le chef de l’Etat décide de changer la composition de l’instance qui devra unilatéralement préparer le référendum et les élections législatives.

En effet, le 21 avril, Kais Saied a décidé, lors d’un conseil des ministres, d’étudier un projet de décret portant modification et complétant certaines dispositions de la loi fondamentale n° 2012-23 du 20 décembre 2012 portant création de la Haute Autorité indépendante. Pour les élections (ISIE). Le décret, publié le lendemain dans le groupe, précise que Kais Saied nommera personnellement les sept nouveaux membres de l’ISIE, dont son président qui sera choisi parmi trois membres des instances préélectorales.

Dans le collimateur de Kais Saied, Nabil Bafoun, l’ancien président d’Ezy, est l’un des critiques les plus virulents des mesures du coup d’Etat du 25 juillet, et la raison de son renversement. L’ISIE considère donc le décret du 21 avril comme illégal et inconstitutionnel. Pour moi, un décret présidentiel ne peut pas changer une loi fondamentale. Aujourd’hui nous y sommes ! « Le corps est ainsi devenu le corps du président », a déclaré M. Buffon en réponse à l’annonce. Il a regretté que « les sept membres de la commission seront nommés par le chef de l’Etat, et donc c’est l’indépendance de la commission qui est affectée ».

Le décret, qu’il considère comme « provisoire, va se poursuivre ». En fait, le chrono a trop duré et il n’y a pas l’air de faire campagne à quelques semaines du scrutin.

« Nous ne sommes pas dans une situation normale ou normale. Normalement, la HAICA aurait dû parler avec Izzy et préparer un document commun pour organiser la campagne. C’est un document de référence pour organiser la campagne, d’autant plus que le référendum est soumis aux mêmes règles. qui régissent les élections », a déclaré Hisham Al-Senussi, membre de la HAICA, au micro de Zuhair El-Jais sur Radio Politica sur Jawhara FM en mai. 6. Hisham Al-Senussi regrette l’absence de ce document de référence d’autant plus que « l’ISIe n’existe plus légalement ».

Le membre de la HAICA a également critiqué le manque d’indépendance de certains médias publics, en particulier la télévision nationale, dont le PDG Awatif Daly, qui a été nommé par le gouvernement.

Quel sera le rôle de Haika dans ces élections ? L’autorité audiovisuelle sera chargée d’assurer une atmosphère équilibrée dans laquelle tous les points de vue peuvent coexister et où les médias observent un certain équilibre et l’absence de propagande politique et le monopole de la parole et de l’espace. Un autre problème est le boycott du processus référendaire par des partis politiques qui n’y participent d’aucune façon pour le moment. De nombreuses questions sont restées sans réponse au fil du temps.

 

Actuellement, Issei, dont le statut est encore indéterminé, reste silencieux, ne sachant décidément pas comment réagir face au vide actuel. Tout ce que nous savons pour l’instant, c’est que l’ISIE déclare être soumise « contre son gré » aux dispositions de ce décret-loi.

Alors Kais Saied finira par donner l’exemple docile qui lui convient en pleine campagne. Une régulation hâtive et discutable ne fera que renforcer la fragilité des élections que redoutent les détracteurs de Kais Saied – et ils sont nombreux. Dès lors, les résultats du référendum peuvent faire penser à la tristement célèbre Consultation nationale qui a recueilli près de 500 000 voix sur les 3 millions espérés.