Crise économique en Tunisie : la reprise sera lente

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Crise économique en Tunisie

L’épidémie causée par la propagation du virus Corona a paralysé l’économie tunisienne. Selon le dernier rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), il a frappé une économie déjà en difficulté, mettant en évidence des vulnérabilités de toutes sortes.

 

Le rapport sur l’économie tunisienne rendu le 4 avril 2022 a souligné la contraction enregistrée dans tous les secteurs et la forte baisse des investissements et des revenus. Le directeur général de l’Agence pour la promotion de l’industrie et de l’innovation a annoncé une baisse des investissements annoncés d’environ 15% en 2021 par rapport à l’année précédente. Parallèlement, le PIB a diminué de 8,8 % en 2020.

L’OCDE a estimé que « l’espace budgétaire pour réaliser les investissements nécessaires dans les infrastructures est limité par le déficit budgétaire et la dette publique, qui reflètent en partie la taille et l’expansion de la masse salariale du secteur public ». Pour rappel, la loi de finances 2022 fixe le budget de l’Etat à 57,291 millions de dinars. Les dépenses de l’Etat étaient estimées à 47,166 millions de dinars, dont 8,364 millions de dinars pour l’investissement, soit environ 14,5% du budget général de l’Etat. Ce pourcentage est proche du déficit budgétaire évalué à 8 548 millions de dinars (dons compris), soit 6,2% du PIB et 14,9% du budget de l’Etat.

La crise économique provoquée par le virus Corona a également mis en lumière la situation catastrophique des entreprises publiques. Le déficit de la CNSS, par exemple, s’est élevé à 1,07 milliard de dinars en 2020. L’Organisation de coopération et de développement économiques a parlé d’obstacles à la concurrence et de monopole d’État dans certains secteurs. Le rapport indique que « les entreprises publiques ont un fort pouvoir de marché et des conditions de financement favorables, mais leurs performances sont médiocres, obligeant l’État à injecter des capitaux et à garantir ses dettes qui augmentent et entraînent des risques financiers ». Pour rappel, les dettes de la Régie nationale du tabac et du soufre en 2020, s’élevaient à 645,7 millions de dinars.

Le rapport de l’OCDE recommande aux autorités nationales de créer une agence de participation publique dont le rôle principal est d’évaluer les performances, de restructurer, de privatiser et de renforcer les institutions publiques. La même source est revenue sur le rôle de la Commission nationale de lutte contre la corruption, son indépendance et les moyens dont elle dispose.

 

Concernant la transition énergétique, l’Organisation de coopération et de développement économiques a appelé à la promotion des énergies renouvelables en encourageant les investissements et les partenariats entre les secteurs public et privé. L’observatoire a souligné l’importance de modifier le cadre réglementaire et d’imposer des taxes carbone. Ils devraient choisir de réduire les subventions énergétiques et d’augmenter les transferts directs aux familles dans le besoin.

 

Dans son rapport, l’Organisation de coopération et de développement économiques explique que la reprise de l’activité économique sera lente en raison de l’absence de réformes structurelles ou d’un manque de profondeur, dans certains cas. Le rapport faisait référence à un certain nombre de recommandations antérieures et notait que peu de progrès avaient été accomplis à leur sujet. Il a souligné l’absence de réformes en matière de justice fiscale et de promulgation d’une loi fiscale générale. Il a estimé que cela simplifierait les procédures et renforcerait la participation des citoyens. La même source a critiqué le maintien du système de licences, qui a provoqué un ralentissement et un blocage dans plusieurs secteurs.

Afin de parvenir à une reprise durable et de stimuler l’économie tunisienne et d’éviter la détérioration des conditions sociales et économiques des citoyens, l’Organisation de coopération et de développement économiques a émis plusieurs recommandations, dont les suivantes :

– Envisager d’étendre le passeport santé pour la plupart des activités et l’exercice de certaines professions. Intensifier les efforts pour mieux couvrir les zones rurales, notamment à travers les centres mobiles de vaccination et l’activation des acteurs locaux.

Continuer à appliquer les mesures de soutien financier aux ménages et aux secteurs les plus vulnérables de l’économie jusqu’à ce que la reprise économique batte son plein.

– Assurer le maintien d’un taux d’inflation modéré en renforçant l’indépendance de la Banque Centrale de Tunisie et en évitant le recours au financement monétaire du déficit budgétaire.

Afin d’adopter une politique monétaire de ciblage de l’inflation, suivre une feuille de route qui comprend une stratégie de communication transparente et crédible, et la capacité de produire des anticipations d’inflation à partir de plusieurs indicateurs, y compris des enquêtes régulières sur les anticipations d’inflation