Liban: création d’une délégation chargée de négocier avec le FMI

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Et 78% des Libanais vivent en dessous du seuil de pauvreté, contre moins de 30% avant la crise, selon les Nations Unies.

Jeudi, le Liban a annoncé la formation d’une nouvelle délégation officielle dans le but de reprendre les négociations avec le Fonds monétaire international sur un plan de sauvetage visant à freiner l’effondrement économique que connaît le pays depuis deux ans.

« Alors que le Liban reprend les pourparlers avec le Fonds monétaire international ainsi que l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de relance », indique un communiqué publié par le bureau du Premier ministre Najib Mikati, une délégation a été chargée de « négocier avec le FMI ».

La délégation comprend le vice-Premier ministre Saad Al-Shami, le ministre des Finances Youssef Al-Khalil, le ministre de l’Économie Amin Salam et le gouverneur de la Banque centrale Riad Salameh, et invitera « des experts en fonction des sujets et des dossiers qui ont été discutés au cours du processus de négociation ».
Le nouveau gouvernement libanais, formé il y a moins de trois semaines, s’est engagé dans son plan d’action à relancer au plus vite les négociations avec le Fonds monétaire international, après 13 mois de vide politique qui a aggravé la crise décrite par la banque. le monde depuis 1850.

Et le pays lourdement endetté a annoncé en mars 2020, le premier défaut de paiement de l’histoire, avant d’accepter un plan de réformes et d’entamer des discussions avec le Fonds monétaire international, qui sont restées lettre morte.

Ces négociations ont débuté en mai 2020, et se sont soldées par des bouleversements après deux mois sur fond de divisions – côté libanais – sur la répartition des pertes qui doivent être encourues entre l’État et ses principaux créanciers, la Banque centrale et les banques commerciales notamment.

Depuis le début de la crise à l’automne 2019, la monnaie locale a perdu environ 90% de sa valeur par rapport au dollar, provoquant une inflation à trois chiffres.

Et 78% des Libanais vivent en dessous du seuil de pauvreté, contre moins de 30% avant la crise, selon les Nations Unies.

Jeudi, le président Michel Aoun a rencontré une délégation du cabinet de conseil français Lazard – qui a largement contribué au plan de réforme adopté par le précédent gouvernement – lui demandant de « revoir » le document. Au vu de l’évolution économique et financière depuis plus d’un an.

La communauté internationale, dirigée par Paris, a appelé à plusieurs reprises à la formation d’un gouvernement réformiste, subordonnant l’octroi d’une aide importante à des réformes structurelles attendues depuis des années.